Et si se réapproprier son image faisait partie du soin ?

Sep 17, 2026

En collaboration avec avec l’Equipe Thérapeutique du Centr’Emoi

Il y a des blessures qu’on ne voit pas. Et d’autres qu’on ne peut plus cacher.

Quand le corps change, quand une maladie s’installe, quand une image de soi se brise… le chemin vers la reconstruction passe souvent par la parole. Mais pas seulement.

Il passe aussi, parfois, par le regard qu’on pose sur soi. Et par celui qu’on accepte enfin de recevoir.

La photo, un geste symbolique avant tout.

Je suis photographe. Mais ce que je fais dépasse largement la technique.

Quand une femme vient me voir après une épreuve, elle ne cherche pas “de belles photos”. Elle cherche à se retrouver. À reprendre possession d’un corps qui lui a parfois échappé.

Cette démarche, je l’ai vécue avec une cliente atteinte de pelade. Une maladie auto-immune qui fait tomber les cheveux… et tous les poils du corps. Plus de sourcils. Plus de cils. Plus rien, nulle part.

Elle est arrivée chez moi sur recommandation de sa kiné périnéale et de sa sexologue. Pas un hasard.

Elle avait besoin de se réapproprier son image. Pas malgré cette réalité. Avec elle.

Un travail main dans la main avec sa thérapeute

On a préparé cette séance ensemble, sa sexologue et moi.

Comprendre ses besoins. Anticiper ses peurs. Poser un cadre sécurisant, avant même de sortir l’appareil photo.

Pourquoi ce détour ? Parce qu’une image peut révéler des choses qu’on n’attendait pas.

Se voir autrement, parfois pour la première fois depuis longtemps, ça bouscule. Ça peut faire remonter des émotions insoupçonnées. Une joie immense. Ou une tristesse qu’on croyait apaisée.

Et c’est normal. C’est même souvent le signe que quelque chose se débloque.

Quand le corps a été blessé, pas seulement malade

La pelade n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Il y a aussi ces femmes qui détestent leur corps parce qu’il a subi une violence. Une agression. Un abus. Quelque chose qu’elles n’ont pas choisi.

Pour elles, le corps n’est plus un allié. C’est parfois un lieu qu’on évite. Qu’on ne regarde plus. Qu’on habite à peine.

La photographie ne répare pas cette blessure. Ce n’est pas son rôle.

Mais elle peut offrir un premier pas. Une façon douce de reprendre contact avec ce corps-là. De se réapproprier un regard, un geste, une posture… à son rythme, sans rien forcer.

Se voir autrement, dans un cadre bienveillant et choisi, peut aider à retisser un lien qui s’était rompu.

Pourquoi l’accompagnement change tout

Je ne suis pas thérapeute. Je ne prétends pas l’être.

Mon rôle, c’est de créer un espace où une femme peut se sentir en sécurité. Où elle peut oser se montrer, même vulnérable, même “imparfaite”.

Mais ce travail prend tout son sens quand il s’inscrit dans un accompagnement plus large. Que ce soit après une maladie, une épreuve de vie, ou une violence subie.

Avant la séance, un·e thérapeute aide à poser des mots sur ce qui est en jeu. Après, il ou elle est là pour accueillir ce qui a émergé.

Cette double présence, la mienne et celle du praticien, permet à la personne de vivre l’expérience pleinement. Sans se sentir seule face à ce qui remonte.

C’est exactement ce que nous avons vécu, ma cliente, sa sexologue et moi. Un travail à trois, chacune dans son rôle, pour un seul objectif : qu’elle puisse se regarder avec amour.

Se réapproprier son image, un pas de plus vers soi

La photographie peut être un outil complémentaire à la thérapie.

Pas un raccourci. Pas une solution miracle. Mais un geste symbolique fort, qui vient ancrer dans le corps ce qui se travaille dans la parole.

Chez So Much, je propose des séances pensées pour ça : révéler la puissance de chaque femme, telle qu’elle est, sans filtre et sans jugement. J’y accompagne les femmes vers des expériences profondes comme l’expérience Althéa, pensée pour celles qui veulent transformer leur regard sur elles-mêmes grâce à l’artistique et à des outils de connaissance de soi telle que l’astrologie par exemple.

Si tu es en questionnement sur ton rapport à ton corps ou à ton image, n’hésite pas à en parler à ton ou ta thérapeute. Et si l’envie de te réapproprier ton image se fait sentir, sache que ce chemin peut aussi se faire en collaboration.


Sophie Berrada
Photographe et révélatrice de la puissance des femmes chez So Much Photographie (Court-Saint-Étienne, Brabant Wallon).

En collaboration avec avec l’Equipe Thérapeutique du Centr’Emoi

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